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L'origine de notre goût pour l'alcool serait bien plus ancienne qu'on le pense selon les scientifiques


PUBLICATION
Laurence Perron
12 octobre 2025  (15h28)
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Bière
Crédit photo: Freepik

On aime croire que l'addiction à l'alcool est un problème de société moderne, mais nos réflexes viennent de beaucoup plus loin.

D'après The Conversation, un professeur de physiologie explique que, dans les vieilles forêts tropicales, des ancêtres proches des grands singes tombaient fréquemment sur des fruits trop mûrs, mous, qui sentaient l'éthanol.
Ce petit signal olfactif n'annonçait pas une fête, il pointait surtout vers des calories faciles.
Avec le temps, une hypothèse avancée au tournant des années 2000 propose que cette attirance pour l'odeur et le goût légèrement alcoolisés ait été façonnée par l'évolution: descendre des branches pour ramasser les fruits au sol, là où la fermentation s'emballe, offrait un avantage énergétique.

De la jungle aux verres d'aujourd'hui notre lien ancien avec l'éthanol

Ce scénario colle avec un changement clé apparu il y a environ dix millions d'années: une version d'une enzyme du foie (ADH4) s'est mise à dégrader l'éthanol beaucoup plus efficacement.
Pour des primates qui fouillaient le plancher de la forêt, c'était payant. On obtenait plus d'énergie en mangeant sans tomber malade tout de suite.
D'autres adaptations ont suivi, notamment du côté d'enzymes qui transforment des sous-produits toxiques de l'alcool en composés moins dangereux.
Chez certains groupes humains, des variantes provoquent une réaction d'intolérance nette, des rougeurs, le coeur qui s'emballe, des nausées qui agissent un peu comme un frein naturel.
Tout ça montre à quel point l'éthanol, produit par des levures qui grignotent les sucres, est présent dans la nature.
Son odeur voyage dans l'air, sert de piste à suivre pour dénicher de la nourriture, et s'inscrit dans une drôle de coopération entre plantes, levures et animaux: les fruits nourrissent, les levures fermentent, les bêtes mangent et dispersent les graines.
On a même vu des primates utiliser des feuilles roulées pour boire de la sève de palme qui avait fermenté d'elle-même. Boire n'était pas seulement une affaire de goût; c'était aussi social, appris et partagé.

Un foie qui travaille à l'ancienne face aux boissons concentrées d'aujourd'hui

Le hic, c'est que notre monde n'a plus rien à voir avec un estomac de primate rempli de fruits. Notre foie traite grosso modo sept grammes d'alcool par heure.
Or, une seule mesure de spiritueux à quarante pour cent dans un petit verre de trois centilitres dépasse déjà ce seuil. Autrefois, la quantité d'éthanol restait limitée par ce que la nature offrait. Aujourd'hui, les boissons sont concentrées, accessibles et servies en portions qui s'enchaînent.
On se retrouve donc avec un décalage: un vieux câblage biologique qui valorise l'odeur et le goût de l'éthanol, face à une disponibilité industrielle qui pousse facilement vers l'excès.
Notre penchant pour l'alcool n'est pas né hier; il vient d'un temps où suivre l'odeur d'un fruit fermenté aidait à survivre.
Sauf que, dans le contexte actuel, cet héritage devient un facteur de risque. Comprendre cette histoire évolutive ne banalise pas l'addiction; ça rappelle plutôt pourquoi la prévention, l'encadrement et la modération restent essentiels dans un environnement où l'offre dépasse largement ce que notre corps peut gérer.
Source: Science&Vie
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