Le Québec est en deuil d'une véritable pionnière
La communauté francophone de Sarnia, en Ontario, pleure la perte d'une femme d'exception, tel que le rapporte Radio-Canada.
Edith Houle s'est éteinte jeudi à l'âge de 103 ans, laissant derrière elle un héritage immense pour la francophonie du Sud-Ouest de l'Ontario. Celle que plusieurs considéraient comme une institution communautaire a marqué des générations de francophones par son engagement indéfectible et sa joie de vivre contagieuse.
La nouvelle de son décès a créé une onde de choc dans sa communauté. «C'est quand même un choc, on la pensait éternelle», a confié Normand Prévost, président du Centre culturel francophone Jolliet de Sarnia, résumant en quelques mots le sentiment partagé par tous ceux qui la connaissaient.
Née en 1922 à Chandler, au Québec, Edith Houle avait fait sa vie en Ontario après avoir rencontré son mari à Smooth Rock Falls. Le couple s'était établi à Sarnia en 1946, faisant partie de la toute première vague de francophones à s'y installer.
Son engagement pour la cause francophone s'est manifesté dès les premières heures. Dans les années 1960, elle est devenue la toute première femme à siéger au conseil d'administration du Centre culturel francophone Jolliet, peu après sa création. Une première historique qui lui a valu le titre de pionnière.
«Elle marquait l'époque à ce moment-là. C'était une pionnière, elle a brisé des barrières, défoncé des murs», a relaté Normand Prévost, dont les mots témoignent de l'admiration profonde que lui inspirait cette femme remarquable.
Edith Houle, une vie entière au service de la francophonie de Sarnia-Lambton
Son engagement pour la communauté ne s'est jamais limité à un seul domaine. Edith Houle a été organiste à la paroisse St. Thomas d'Aquin pendant plus de 50 ans, s'est impliquée au sein des Dames de Sainte-Anne et a été très active au Club d'âge d'or du Centre culturel Jolliet.
En 1999, elle a posé un geste fondateur en signant les lettres patentes qui ont donné naissance au Centre communautaire francophone de Sarnia-Lambton. «Rien ne semblait pouvoir arrêter Edith. Femme de tête, déterminée, engagée et profondément attachée à sa communauté, elle a laissé une empreinte indélébile dans la francophonie de Sarnia-Lambton», a souligné l'organisme dans une publication Facebook.
En 2024, lors des célébrations du 65e anniversaire du Centre culturel francophone Jolliet, Edith Houle avait été honorée pour ses multiples décennies de bénévolat. Normand Prévost garde de cette soirée un souvenir particulièrement marquant. «Toute l'attention était sur elle. C'était comme un aimant. Elle était toujours vêtue de blanc», a-t-il noté avec émotion.
Même à un âge très avancé, Edith Houle demeurait physiquement active, faisant le tour de son bloc à pied chaque jour malgré une vision qui déclinait. Un exemple de détermination et de vitalité qui forçait l'admiration de tous ceux qui la côtoyaient.
Normand Prévost la décrit comme une véritable encyclopédie vivante de la communauté. «Elle était comme une petite Bible de ce qui se passait à Sarnia, elle savait tout, connaissait tous les gens, toutes les familles et sa mémoire était incroyable», a-t-il confié.
Edith Houle laisse dans le deuil quatre enfants, neuf petits-enfants et 14 arrière-petits-enfants. Une célébration de sa vie aura lieu le 11 juillet en après-midi à Sarnia.
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