Le Québec perd un géant discret suite au décès d'un homme marquant
Il n'aimait pas les feux de rampe, mais son nom pesait lourd dans les couloirs du pouvoir économique. Robert Parizeau nous a quittés mardi, à 90 ans.
Montréalais de naissance, né le 7 novembre 1935, cet homme d'affaires a passé sa vie à construire en silence. Diplômé des HEC en 1957, il a d'abord bâti Sodarcan avant de la vendre au géant mondial AON en 1997, une transaction qui a changé le visage du courtage d'assurance au Québec.
Pendant des décennies, il a occupé les salles de conseil de certaines des plus grandes institutions du pays. Power Corporation, la Banque Nationale, Gaz Metro, Group Canam, Van Houtte, la liste est longue pour un homme qui fuyait pourtant les manchettes.
Ce qui distinguait Robert Parizeau, c'était sa façon de servir sans jamais chercher à briller. L'Université de Montréal lui a remis un doctorat honoris causa en 2004. L'Université Laval a fait de lui un administrateur émérite en 2010. Deux reconnaissances universitaires pour quelqu'un que le grand public connaissait à peine.
Le Fonds de solidarité FTQ, qu'il présidait depuis 2014, a publié un communiqué touchant mardi pour souligner sa disparition. « Robert Parizeau était un champion discret du Québec inc. », écrivait Le Devoir dans sa couverture de l'événement, faque le mot est lâché.
Robert Parizeau et le Fonds de solidarité FTQ : la fin d'une ère pour le Québec inc.
On oublie souvent que derrière ce nom de famille célèbre se cachait un homme bien distinct de son frère, l'ancien premier ministre Jacques Parizeau. Robert était dans l'ombre des chiffres là où Jacques était sous les projecteurs de la politique. Deux frères, deux destins, une seule famille d'exception.
Il était aussi le père de la philosophe Marie-Hélène Parizeau, ce qui dit beaucoup sur la richesse intellectuelle d'une lignée qui a marqué le Québec sur plusieurs fronts. Mettons que les soupers de famille devaient être animés dans cette maison-là.
Son engagement allait bien au-delà des profits. Il siégeait à la Fondation du Musée national des beaux-arts du Québec et à la Fondation Lionel-Groulx, deux institutions culturelles auxquelles il tenait visiblement. En 2016, l'Ordre national du Québec est venu couronner un parcours irréprochable.
Radio-Canada, La Presse, Le Devoir et le Journal de Montréal ont tous publié des hommages mardi, à quelques heures d'intervalle. Rare pour un homme d'affaires qui avait toujours préféré laisser son travail parler à sa place, sans conférences de presse ni grands discours.
Il reste à savoir comment le Fonds de solidarité FTQ organisera la transition à la présidence du conseil. Une institution de cette envergure, qui gère les épargnes-retraite de centaines de milliers de travailleurs québécois, ne peut pas se permettre un vide de gouvernance.
Les arrangements funéraires n'avaient pas encore été annoncés au moment de publier. La communauté des affaires retenait son souffle mardi soir, cherchant ses mots pour saluer celui qui, lui, n'en avait jamais eu besoin pour impressionner.
Le Québec inc. perd l'un de ses architectes les plus solides. Le genre d'homme qu'on ne remplace pas, on le commémore.
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